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ACTUALITÉ Loire-Atlantique
mardi 14 avril 2009
« Le TER plus
adapté pour Nantes - Châteaubriant »

Bernard Fourage montre la ligne Nantes-Châteaubriant,
qui va être réhabilitée pour accueillir du trafic
voyageurs à partir de septembre 2011.
Pour Bernard
Fourage, la collectivité fait fausse route en
choisissant le tram-train pour Nantes-Châteaubriant. Il
préconise un Train express régional. Il intente un
recours devant le tribunal administratif.
Longue silhouette à la Jacques Tati, cheveux
grisonnants, Bernard Fourage fait partie de ces citoyens
têtus. De ceux qui ont envie d'être écoutés. Qui ne
supportent pas que la collectivité n'en fasse qu'à sa
tête, alors que « d'autres choix sont plus pertinents ».
II a donc fait un recours devant le tribunal
administratif de Nantes, demandant l'annulation de la
déclaration d'intérêt général pour la réouverture au
trafic voyageurs de la ligne ferroviaire
Nantes-Châteaubriant (1). La date de l'audience n'est
pas fixée.
Il n'est pas contre cette ligne, bien au contraire. Non,
l'objet de son courroux, c'est le matériel. Il estime
que la Région, qui l'a choisi, fait fausse route. Un
tram-train, affirme ce consultant en transports, n'est
pas adapté à une ligne de 64 kilomètres. « Sa vitesse
maximum est de 100 km/heure. Ce qui met Châteaubriant à
66 minutes de Nantes. »
Bernard Fourage juge qu'un TER (train express régional)
serait plus approprié. « Roulant jusqu'à 160 km/heure,
il permettrait un temps de parcours de
45 minutes. » Autre avantage: « Pas de rupture de charge
à Châteaubriant, d'où un TER part pour Rennes. Le même
train pourrait donc aller de Nantes à Rennes. » Il a dit
tout cela lors des concertations. En vain.
Quarante ans dans le transport
Il sait pourtant de quoi il parle. Le transport
ferroviaire, il baigne dedans depuis quarante ans. Il a
commencé sa carrière à la SNCF, avant d'accompagner des
projets dans le monde entier pour des sociétés
françaises et étrangères. Depuis 2005, il est consultant
indépendant.
Ce globe-trotter se partage entre l'Égypte où est basée
sa société, et Nort-sur-Erdre près de Nantes, où il fait
escale dans la maison qui l'a vu naître. Un repère garni
de parquet, de moulures et d'objets ramenés de ses
voyages: lampes ajourées ou tabourets aux motifs
orientaux.
Mais il ne se laisse pas distraire par ce décor
exotique. « La Région a commandé pour environ 30
millions d'euros de matériel, quatorze mois avant
l'enquête publique! À quoi rime donc l'enquête publique,
si la décision est déjà prise? »
Mais pourquoi ce combat? A-t-il un intérêt financier à
cette histoire? « Pas du tout. » Au contraire, ça lui
coûte de l'argent. « J'ai commencé par faire une étude
sur mes fonds propres montrant les solutions
alternatives à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. » Il
s'intéresse alors à la desserte de l'aéroport existant.
Et en vient à l'idée d'une ligne TER
Châteaubriant-Nantes-Pornic, avec un arrêt à
Nantes-Atlantique.
Il y consacre quasiment trois ans. Délaissant les
entraînements de football avec les vétérans de
Nort-sur-Erdre. Encore une fois, pourquoi fait-il tout
ça? Ses yeux s'illuminent:« Chacun a un devoir envers la
collectivité. On doit contribuer à une meilleure gestion
de la planète et de l'argent public. »
Jacques SAYAGH.
(1) Déclaration signée par Réseau ferré de France, le
propriétaire de la voie.
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